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Abbaye de Fontfroide

Fondée à la fin du XIème siècle par des moines bénédictins, Fontfroide se rattache à l'ordre cistercien en 1145. Elle devient rapidement une des plus riches abbayes cisterciennes de la Chrétienté, bastion d'orthodoxie catholique face au pays dit 'cathare'. Son ensemble architectural, divers et varié, a été magnifiquement préservé. Ouverte à la visite tous les jours de l'année, vous pourrez découvrir son cloître et son église du XII, sa salle capitulaire, son dortoir et son réfectoire, mais aussi les aménagements du XVIII ou, à la belle saison, sa roseraie et ses jardins en terrasses. Devenue privée en 1908, l'abbaye accueille tout au long de l'année de nombreuses manifestations culturelles, instants magiques dans un lieu imprégné de plus de neuf siècles d'histoire.

 

Fontfroide et les Cathares
 
Durant toute la seconde moitié du XIIème siècle, l'hérésie prospère sur le terrain et l'abbaye de Fontfroide se retrouve aux avant-postes du combat contre les cathares.
 
 
 
Directement opposé à l'Eglise de Rome, le catharisme s'avère par ses implications sociales comme une terrible menace pour toute la société médiévale. D'autant que l'église cathare s'est organisée méthodiquement en plusieurs diocèses dont celui de Carcassonne qui englobe les principales terres gagnées à l'hérésie, celles des seigneurs de Trencavel : Carcassès, Razès, Minervois, Biterrois.

Fontfroide et ses granges s'enfoncent dans ce territoire cathare et dès son élection en 1198, le Pape Innocent III veut tenter un grand effort de résistance. Pour mobiliser le clergé, il entend s'appuyer sur Citeaux, l'ordre le plus puissant de la chrétienté. Les moines de Fontfroide doivent quitter leur solitude et revenir dans le monde pour combattre le catharisme. En 1203, le Pape choisit comme légat deux moines de Fontfroide : frère Raoul et Pierre de Castelnau. Les deux légats organisent sous la présidence de Pierre II d'Aragon un plaid où dialoguent treize supposés hérétiques et treize fidèles catholiques au cours duquel Bernard de Simore et ses compagnons avouent leur doctrine . Ainsi les cathares sont officiellement convaincus d'hérésie.